Type d'œuvre
PeintureInv.
788Datation
1911Justification
signé,daté au recto en bas à gauche;
C. L'Eplattenier 1911 (recto)Matières et techniques
huile sur toileDimensions
234 x 135 cm
236.5 x 137.5 cmProvenance
Don de Pierre-Max Wasem, 1974Commentaire
Ce sont le jardin et la maison de L'Eplattenier à La Chaux-de-Fonds, construite par René Chapallaz en 1902 sur les flancs de Pouillerel, qui servent de décor à ce tableau présenté à la XXIIe exposition de la Société des amis des arts en 1911 sous le titre Eté. La fillette - sa propre fille Anne, âgée alors de six ans - debout dans un bassin rectangulaire, les mains dressées dans sa chevelure dénouée, a la pose classique des Vénus sortant de l'onde, et notamment celles d'lngres et de Bouguereau, mais aussi de sa sculpture de 1908, Réveil. Son corps encore impubère, image de l'innocence et de la pureté, doucement modelé par la lumière, est cerné d'un trait fluide plus sombre; il se détache ainsi du fond traité en aplats de couleurs rompues, où se mêlent les éléments architecturaux et floraux, la géométrie des uns et la croissance organique des autres. Ceux-ci se reflètent en formes ondulantes et abstraites dans le miroir du bassin. Cette forme de « collage » d'une pose classique convenue, dans un décor simplifié mais réel, rappelle Les musiciennes de 1907, où les personnages à l'antique se détachent sur un paysage local.
Le thème de la Jeune fille au bain peut aussi être rapproché de L'été d'Eugène Grasset, l'un des panneaux décoratifs du cycle des Quatre saisons, datés de 1903, ou mieux encore, de ses Douze mois, de 1896, plus proches stylistiquement. Le format de la toile et sa bordure peinte, constituée d'un décor floral cloisonné, confirment bien qu'il s'agit d'un projet de tapisserie murale.
Tous les éléments de cette œuvre, du symbolisme du thème au traitement de la ligne et de la couleur, la désignent comme emblématique de l'Art nouveau chaux-de-fonnier, dont L'Eplattenier fut l'un des promoteurs, à travers son enseignement à l'Ecole d'art notamment.